jeudi 15 février 2018

Le lys de pourpre





Jamais lys ne fut plus beau et plus pur : il promettait d’avoir une belle taille élancée et d’offrir au jour le charme inégalé de sa virginité mais hélas, un prédateur voulut faire de cette fleur une proie qu’il déchirerait pour la punir de sa beauté et il réussit ce crime avec volupté et désir de cacher au monde son implacable cruauté.
Une petite goutte de sang contraria ce silence qu’il dégustait avec passion, certain de n’être jamais démasqué et c’est ainsi qu’une effroyable marche en direction de précipices, ceux que les conteurs provençaux réservaient à la cabre d’or, cet animal légendaire plein de grâce et de poésie et l’on fit ainsi, avec l’aide de chiens, ces animaux qu’elle aimait tant, une macabre découverte, celle d’un petit crane enfoui sous la neige.
Le soleil pleura du sang et chacun se recueillit en son reposoir intime pour crier au jour l’amour, tout l’amour que l’on réservait à une innocente petite fille, pleine de vie et si belle, condamnée brusquement à une mort si cruelle qu’il nous est insupportable d’en connaître tous les détails tant ils sont monstrueux !
Repose en paix chère âme si pure et sache que tu es dans nos cœurs à jamais, Maëlys , notre aimée pour toujours !

dimanche 11 février 2018

Le bel amour





Le bel amour, de soie sauvage, de perles et de dentelles, où donc est-il, ma douce aimée ? Est-il si loin qu’on ne puisse pas le rattraper, en jouant au volant par exemple ou au croquet, voire à Colin -Maillard ?
Au fil du temps ce grand amour s’est rétréci comme une peau de chagrin pour figurer dans une seule main  mais je le garde précieusement, le poing serré car il s’en faut de peu qu’il ne s’envole et rejoigne les palombes qui survolent nos terroirs occitans ;
Le bel amour, le grand amour, l’unique, le véritable a survolé les montagnes et s’est métamorphosé en fleurs des montagnes aux pétales de velours, près des chamois et des aigles.
Le bel amour , impossible et authentique, je l’ai emporté en tamisant un torrent pour y trouver de l’or et j’ai placé des paillettes dans un coffret de cristal qui m’inspire mille et une chansons, toutes de verre soufflé et de pervenches, comme tes yeux, mon aimée, mon unique, ma fleur d’amour qui jamais ne se flétrira par la grâce de mon chant qui s’égrène par-delà les  monts et les vallées où brille l’étoile de Vénus.

vendredi 9 février 2018

La fée des neiges




Emmitouflée dans son manteau de zibeline, la fée des neiges soupirait : où donc étaient les princes qui jadis se pressaient à ses côtés afin de la distraire de la monotonie symphonique du blanc qui régnait en son royaume ?
Mais voici que des serviteurs la prévinrent de la venue d’un beau prince venu d’ Orient : il avait en son carrosse capitonné de peaux d’ours polaires des coffres chamarrés rutilant d’or et de pierreries.
De plus il jouait admirablement de la flûte de Pan, de l’harmonica et du bandonéon.
C’est pourquoi la belle Oriane donna des ordres pour que l’on prépare un festin destiné à offrir au prince ce qu’il y avait de mieux en son palais.
Dans les cuisines, ce fut un joyeux branle-bas de casseroles et de chaudrons resplendissant de cuivre et bientôt odorants de belle manière : tajine de pigeons aux amandes et aux dattes, terrine de chevreuil, pastilla et tant de plats qu’il serait fastidieux de les énumérer : la fée exigeait ce qu’il y avait de mieux pour la venue du prince et lorsqu’il pénétra dans le palais, des odeurs gourmandes et paradisiaques l’accueillirent avant même que la beauté singulière de la fée ne le frappe par son originalité.
Il prit place sur un fauteuil et chauffa ses longues jambes grâce à la flambée de la cheminée ; ensuite, il déclina toute offre de nourriture solide et réclama seulement une boisson à base de fruits, ce qui lui fut accordé instantanément puis, à la demande de la fée, il interpréta une mélodie pleine de mélancolie et de charme.
De cantilène en odes à la beauté et à la poésie, la soirée se prolongea et il devint nécessaire que la fée mette un terme à ce concert empreint de romantisme car elle craignait que le prince ne se fatigue.
On le conduisit dans ses appartements et après un bain salvateur, il endossa un vêtement de nuit, brodé et ravissant puis sans plus de manière, il se glissa sous une couette garnie de plumes d’oies et s’endormit promptement.
Le lendemain, on lui servit un délicieux petit déjeuner puis la fée lui demanda quels étaient ses souhaits : le prince souhaita reprendre sa route car on l’avait investi d’une haute mission : il devait chercher une princesse digne de figurer par sa beauté et son intelligence auprès du roi qu’il servait.
La fée comprit l’importance de cette mission et elle lui offrit son concours pour trouver la perle rare. Tous deux prirent place dans un traîneau et ils parcoururent des lieues enneigées puis ensoleillées et lorsqu’enfin, la princesse Amandine fut jugée digne du titre de reine, la quête s’acheva ;
La princesse fut envoyée à la cour avec de maints présents choisis par la fée puis le prince jura de revenir auprès d’elle car une étrange  complicité s’était créée au cours de la quête.
Le prince tint parole et vécut des jours heureux auprès de la fée qui rendit son séjour dans son royaume de glace idyllique et chaleureux.
Ils eurent des enfants qui héritèrent de leur mère la puissance féerique et de leur père l’art de composer et d’interpréter de merveilleuses  mélodies et c’est ainsi qu’ils vécurent heureux dans le plus beau des royaumes.

jeudi 8 février 2018

Douceur de soie




Mon ange, ma beauté, ma douceur de soie par la grâce de ta chevelure dorée cascadant sur tes reins, mon cristal d’amour et de nacre que je caresse sans éprouver la satiété, je te supplie de m’entendre et de répondre à cette passion qui me dévore !
Par pitié, ne te comporte pas comme Odette de Crécy, belle à damner mais sans âme : j’aimerais te trouver un défaut car de cette manière il me semble que tu pourrais m’appartenir sans réserve mais je n’en trouve pas, tant la perfection de ta beauté qui résistera au temps est inégalée et relève de la légende !
Tel le rossignol des bois, je chante la nuit et au petit matin, après avoir exprimé un amour sans faille, je me transforme en prince et je franchis toutes les murailles du château qui te préserve ; je me glisse sous les draps et je retiens ma respiration pour ne pas te réveiller !
Ma belle, mon âme, ma douceur orientale à la peau satinée, je t’aime à ne plus pouvoir vivre et réclame ta pitié : je proclame encore et toujours l’ineffable beauté de ton être !

mercredi 7 février 2018

Le lai de la rose éternelle



Sous l’emprise d’une passion dévorante, des amants vivaient reclus dans une forêt que l’on croyait habitée par des animaux sauvages. Ils se nourrissaient de baies, de champignons et de gibier pris au collet et rôtis au feu de bois. Leurs étreintes étaient folles et leurs lèvres ne se quittaient plus.
Mais une nuit, ce bel amour fou s’en alla comme il était venu. L’amante regarda ses mains ravagées par le gel du soir, déplora que son corps soit strié de rides prématurées et elle partit sans un mot, sans se retourner.
Le confort de la ville lui faisait soudain défaut et elle croyait avoir été victime d’un songe ravageur car de son bel amour, si vivace, il ne restait plus rien, si ce n’est une chanson dont le mot clef était « rose éternelle ».
Demeuré seul, l’amant tenta de se défaire du parfum corporel de celle qu’il avant tant aimée, nagea vigoureusement dans une rivière argentée jusqu’à ce que des ondines l’emmènent au fond de l’eau où il trouva une sorte de paix et de semi sérénité car les ondines étaient fées et elles voulurent panser les plaies de celui qui avait tant aimé jusqu’à la folie, sa douce, sa tendre amie.
Le vent colporta cette légende et parfois des jeunes filles esseulées, à la recherche du bel et fol amour, ornent leur chevelure de roses minuscules pour se baigner dans la rivière où l’on dit que vit un amant éperdu.